MINDACT

La chimiothérapie pourrait être évitée à 46 % des patients

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Sponsorisé et dirigé par l’Organisation européenne pour la recherche et le traitement du cancer, l’essai MINDACT – auquel ont participé 112 hôpitaux venant de 7 groupes collaboratifs de BIG dans 9 pays – représente un effort académique important en faveur de la réduction des traitements. L’étude visait à évaluer l’intérêt d’utiliser un test (MammaPrint), qui analyse 70 gènes, en plus des critères clinico-pathologiques standard, pour identifier les patients atteints d’un cancer du sein au stade précoce qui pourraient être dispensés de chimiothérapie adjuvante sans impact significatif sur leur risque de récidive.

Entre 2007 et 2011, l’essai a recruté 6 693 femmes atteintes d’un cancer du sein sans ganglion ou avec 1 à 3 ganglions positifs.

Après utilisation du test MammaPrint, 46 % des patients identifiés sur base des facteurs habituels comme présentant un risque élevé de récidive du cancer étaient identifiés comme présentant un risque faible. D’après les résultats encourageants obtenus sans chimiothérapie, les données suggèrent que cette dernière n’apporterait aucun bénéfice cliniquement significatif à ces patients et qu’elle pourrait dès lors être omise sans risque.

MINDACT apporte de l’espoir à de nombreuses femmes atteintes d’un cancer du sein précoce sans ganglions ou avec 1 à 3 ganglions positifs. Les résultats de l’étude démontrent, sur base de données scientifiques hautement fiables, que MammaPrint pourrait à l’avenir considérablement réduire le recours à la chimiothérapie adjuvante, améliorant ainsi la qualité de vie d’un grand nombre de femmes confrontées à la maladie.

Les premiers résultats de MINDACT ont été publiés en 2016 dans le New England Journal of Medicine.Les résultats actualisés de MINDACT, publiés en mars 2021 dans Lancet Oncology, avec un suivi médian sur 8,7 ans, ont confirmé les découvertes de 2016 et l’intérêt clinique de MammaPrint® pour identifier les patients atteints d’un cancer du sein précoce qui peuvent éviter en toute sécurité une chimiothérapie post-chirurgicale. Les résultats montrent un taux de survie sans métastases à distance légèrement supérieur avec la chimiothérapie pour le groupe discordant à risque clinique élevé et risque génomique faible, mais le bénéfice estimé de 2,6 % pour l’administration d’une chimiothérapie chez ces patients reste faible compte tenu des effets secondaires néfastes de ce traitement.

L’analyse du suivi à long terme incluait également une analyse exploratoire par âge. Le test des 70 gènes s’est révélé particulièrement utile dans la prise de décision pour les femmes ménopausées du groupe à risque clinique élevé et risque génomique faible, pour lesquelles la chimiothérapie n’apportait aucun bénéfice. Chez les femmes plus jeunes, la chimiothérapie peut encore présenter un intérêt, mais cette décision nécessite une discussion approfondie entre le médecin et la patiente.